Assurance-vie ou assurance décès : quelle différence?
C'est la confusion la plus fréquente en France. L'assurance-vie est avant tout un produit d'épargne : vous constituez un capital (sur des fonds en euros à capital garanti et/ou des unités de compte), vous pouvez le récupérer de votre vivant, et en cas de décès, il est transmis à vos bénéficiaires désignés hors droits de succession dans la limite de 152 500 € par bénéficiaire (pour les primes versées avant 70 ans).
L'assurance décès (ou prévoyance) est le vrai équivalent français du terme life insurance. C'est un contrat de prévoyance pure : si vous décédez pendant la durée du contrat, un capital est versé à vos bénéficiaires. Si vous survivez à l'échéance, les primes sont perdues (comme une prime d'assurance auto). C'est ce capital décès que le calculateur ci-dessus vous aide à dimensionner.
Les trois filets de sécurité déjà en place
Avant d'acheter une assurance décès individuelle, identifiez ce que vous avez déjà :
- 1. La prévoyance collective (employeur)
- Pour les cadres, une garantie décès minimale d'un an de salaire brut est obligatoire depuis la convention collective AGIRC de 1947. Beaucoup d'accords d'entreprise vont bien au-delà (2 à 4 fois le salaire). Vérifiez votre notice d'information et votre bulletin de salaire (cotisation « prévoyance »).
- 2. La pension de réversion
- Votre conjoint(e) survivant(e) percevra une fraction de votre future retraite à vie : 54 % du régime général (CARSAT), sous conditions de ressources, et 60 % de la complémentaire (AGIRC-ARRCO), sans conditions de ressources depuis 2023. Pour un salaire médian, cela représente 400 à 700 €/mois — soit 100 000 à 200 000 € de capital capitalisé sur 20 ans.
- 3. Le capital décès Sécurité Sociale
- Votre Assurance Maladie verse aux ayants droit prioritaires (conjoint, enfants à charge) une indemnité unique égale à 90 jours de salaire brut, plafonnée à environ 10 000 €. Elle couvre les premiers frais mais ne remplace pas un vrai capital décès.
Ce qui entre dans le calcul
- Remplacement du revenu : Combien d'années votre famille aurait besoin de votre salaire net. 20 ans est une référence pour un ménage avec de jeunes enfants. Si votre conjoint(e) a un revenu, seule la différence nette est à remplacer.
- Crédit immobilier : Le capital restant dû sur votre prêt. Attention : l'assurance emprunteur (ADI) obligatoire sur le prêt rembourse déjà ce capital en cas de décès — vérifiez votre contrat de prêt avant de le comptabiliser deux fois.
- Autres dettes : Crédit auto, crédit conso, dettes personnelles.
- Études supérieures : ~50 000 € par enfant pour le logement, la vie courante et les frais annexes sur 3 à 4 ans (les frais d'inscription dans les universités publiques sont faibles : 170 à 400 €/an).
- Frais finaux : Obsèques (2 500 à 5 000 €), frais de notaire (1 à 3 % de l'actif successoral), déclaration de succession. Estimation de travail : 8 000 €.
L'assurance emprunteur (ADI)
Si vous avez un crédit immobilier, votre banque vous a imposé une assurance emprunteur. En cas de décès (et souvent d'invalidité), elle rembourse directement le capital restant dû à la banque. Depuis la loi Lemoine (2022), vous pouvez résilier à tout moment pour changer d'assureur et faire jouer la concurrence. L'assurance emprunteur ne verse rien à votre famille au-delà du remboursement du prêt — c'est complémentaire, pas substitutif, à une assurance décès globale.
La fiscalité de la transmission
En France, le conjoint survivant est totalement exonéré de droits de succession depuis 2007 — quelle que soit la valeur transmise. Les enfants bénéficient d'un abattement de 100 000 € chacun, puis paient 5 à 45 % selon la tranche. Les contrats d'assurance-vie (capital décès ou épargne avec clause bénéficiaire) contournent la succession et bénéficient d'un abattement de 152 500 € par bénéficiaire désigné (pour les primes versées avant 70 ans), puis d'un taux de 20 % jusqu'à 700 000 € et 31,25 % au-delà.
Questions fréquentes
- Ce calculateur est-il gratuit?
- Oui — sans compte, sans frais. Tout fonctionne dans votre navigateur, aucune donnée n'est enregistrée.
- Mon assurance emprunteur couvre-t-elle déjà tout?
- Non. L'ADI rembourse le prêt immobilier en cas de décès, mais ne verse rien à votre famille pour remplacer votre revenu, couvrir vos autres dettes ou financer les études de vos enfants. Si votre crédit immobilier est votre seul engagement, l'ADI peut suffire ; sinon, un complément de prévoyance est utile.
- La prévoyance collective de mon employeur est-elle portable?
- Non — elle cesse à la fin de votre contrat de travail. En cas de chômage ou de fin de CDI, vous pouvez maintenir temporairement vos garanties (portabilité de 12 mois maximum selon les accords), mais la couverture disparaît ensuite. Une prévoyance individuelle vous suit quelle que soit votre situation professionnelle.
- Que vaut un bon capital décès pour un salarié médian?
- Pour un ménage avec deux enfants, un crédit immobilier standard et un salaire médian (~38 000 €/an nets), le besoin se situe souvent entre 150 000 et 400 000 € après déduction de la prévoyance collective et de la pension de réversion. Le calculateur affine ce montant selon votre situation réelle.
- Peut-on souscrire une assurance décès en mauvaise santé?
- Cela dépend de l'assureur et du montant. Pour les petits capitaux (moins de 300 000 €), une simple déclaration de santé suffit souvent. Pour des montants plus élevés, une visite médicale, des analyses sanguines ou un électrocardiogramme peuvent être exigés. En cas d'antécédents médicaux, la convention AERAS (s'Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) garantit un droit à l'assurance même pour les personnes présentant un risque aggravé.